LE DÉBUT
Quand on a commencé de causer d'un club de football à Pleigne, il existait déjà le FC Movelier (depuis 1958) et le FC Bourrignon (depuis 1967). Alors pourquoi fonder un troisième club sur le Haut-Plateau? Tous les amateurs de foot ont la même envie: pouvoir taper dans le ballon. Les clubs de Movelier et Bourrignon ayant à l'époque des contingents assez étoffés, il était donc difficile de s'y faire une place. C'est pour cette raison que l'idée de former une équipe à Pleigne a germé.
Malgré l'enthousiasme, il a bien fallu se rendre compte des difficultés à surmonter: trouver assez de joueurs, trouver un terrain, acheter un équipement, etc. L'assemblée constitutive eut finalement lieu le 19 novembre 1969, à la maison de commune. Le premier comité fut donc formé. Il était composé des personnes suivantes: Marcel Odiet, président; Raymond Fleury, vice-président; Pierre-Alain Brosy, secrétaire; Léon Stadelmann, caissier; Jean Keller, Michel et Laurent Joray, assesseurs.
Le terrain
Les entraînements, au début, avaient lieu en dessus du terrain actuel. Un but, pas aux normes de l'ASF, fut installé. Pour se familiariser au football, c'était déjà pas mal. Cette surface n'étant pas assez grande pour y marquer un terrain conforme (minimum 90x45 m), on s'approcha du Conseil communal, qui mit à disposition la surface nécessaire dans le pâturage situé au fond du Finage, après le brise-vent. Après un entretien sommaire, c'est là que débuta, en août 1970, l'histoire sportive du FC Pleigne.
L'accès à ce terrain n'étant pas aisé, on évoqua rapidement l'idée de l'aménagement d'un terrain plus près du village. Après discussion avec les autorités communales, accord des assemblées communale et bourgeoise, le terrain encore occupé aujourd'hui fut mis à la disposition du club par la bourgeoisie. (Si mes souvenirs ne me trahissent pas, le bail fut conclu pour une centaine d'années.)
Pour aplanir cette surface, qui fut une décharge, c'est Michel Joray qui se mit à la tâche avec son trax. Avant cela, les niveaux furent marqués par Serge Brosy. Même si cela ne se remarque pas, le niveau est un mètre plus bas côté finage. Après les travaux de gros oeuvre, il fallut remettre la terre, l'aplanir, ramasser les cailloux - les bonnes volontés n'étaient pas très nombreuses - et enfin ensemencer. L'inauguration officielle pouvait donc avoir lieu en 1974.
Au fil des années, les alentours du terrain furent complétés par un grillage côté finage et une barrière en bois côté route et côté village. Elle fut remplacée ensuite par des tubes métalliques, qui existent encore aujourd'hui.
Les vestiaires
Au tout début, on se lavait devant la Couronne, de grandes seilles faisant office de douches. Cette solution ne pouvant être que provisoire et une issue semblant peu probable du côté du restaurant, on décida, avec l'accord du propriétaire bien entendu et moyennant une location presque symbolique, d'aménager un local-vestiaires à la Vie-de-Ferrette, dans une vieille bâtisse appartenant à Rodolphe Crevoiserat. Quatre douches et un chauffe-eau à gaz furent installés dans ce qui fut la cuisine. A propos de ce dernier, je me souviens qu'il a fait peur à plus d'un footballeur. Malgré quelques ratés, il avait un avantage: tant qu'il y avait du gaz, il y avait de l'eau chaude!
Les deux chambres attenantes furent modifiées en une seule pièce. On aménagea tant bien que mal - on se contentait de peu à l'époque, d'ailleurs on n'avait pas le choix - on installa tables, bancs et fourneau dans ce qui devint les vestiaires et où les deux équipes se changeaient ensemble. Quel bel esprit sportif!
Il y aurait beaucoup à raconter de tout ce qui s'est passé en cet endroit. On y tenait comités et assemblées, sans parler des fameuses soirées raclette après lesquelles le propriétaire des lieux avait souvent à se plaindre des “souvenirs†laissés alentour. Ce qu'on en retiendra, c'est que ce local a vraiment marqué les débuts et la vie associative du club.
Bien entendu, la construction du complexe scolaire en 1981 et la mise à disposition des locaux ont grandement facilité la vie des footballeurs, aussi bien au niveau du confort que des possibilités d'entraînement en hiver. On n'avait ainsi plus peur de la comparaison avec les autres clubs de la région.
L'éclairage
On l'a déjà relevé précédemment: au début, il a fallu faire avec les moyens du bord, mais surtout avec les disponibilités financières. Pour les entraînements, en été, pas de problème, les soirées sont longues. Mais au printemps et en automne, il était souvent difficile de savoir si on tapait dans le ballon ou dans la jambe du copain. On installa donc deux réflecteurs de chantier sur des perches, en continuant de s'entraîner au-dessus du terrain actuel. Pour le courant, rien à proximité, le plus près étant la scierie. C'est ainsi que - bien entendu avec l'accord du propriétaire des lieux (merci Michel!) - avant chaque entraînement on déroulait 200 mètres de câble électrique, qu'on enroulait également une fois les efforts terminés. Cette situation dura jusqu'à l'installation de deux réflecteurs sur le terrain, côté buvette, et ce sur des mâts en bois. Le creusage de la tranchée pour la conduite électrique ne fut pas aisé, le terrain étant très rocailleux à cet endroit. On passa cependant de bons moments ensemble, sachant que c'était pour la bonne cause.
Par la suite, l'éclairage fut nettement amélioré avec la pose de quatre mâts métalliques munis chacun d'un réflecteur. Même si cet éclairage ne permet pas de disputer des matches officiels, il améliore grandement les conditions d'entraînement et permet le déroulement de matches amicaux.
Les sorties
Il serait trop long de les relater toutes, certaines ayant laissé des souvenirs mémorables, d'autres moins. Il en est aussi qu'on s'est empressé d'oublier, car, pour les responsables, il n'a pas toujours été facile de contenir l'enthousiasme et l'impétuosité de ces jeunes. Toutefois, la première, qui eut pour cadre Vernayaz, fait toujours partie de mes bons souvenirs.
Petit rappel: arrivée à Vernayaz en fin de matinée. Un match est prévu à 16 h. Comme il pleut des cordes à l'heure du dîner, on se dit que le match sera renvoyé et on se permet quelques libertés avec le fendant et la williamine. A 15 h, grand soleil, terrain plus que praticable, le match a lieu. Inutile de préciser que le score prit une ampleur pas très honorable pour le FC Pleigne, le soleil ardent rendant les joueurs plutôt amorphes, ce dont ne se privèrent pas de profiter nos amis valaisans.
La relève
Chaque société qui se respecte se doit de se soucier de la relève. Au football, cela passe par la mise sur pied d'une école de foot ou d'équipes juniors. Un premier essai fut tenté en 1975 avec le FC Movelier. Une séance d'information eut lieu, au cours de laquelle Nesti Monnier, instituteur, instructeur ASF, entraîneur de nombreuses équipes jurassiennes, expliqua à l'assistance nombreuse tout ce que cela impliquait. Pour diverses raisons, après un certain laps de temps, l'essai échoua.
Finalement, en 1983, et à l'initiative de Teddy Nusbaumer, l'école de football prit son envol. L'activité - très fructueuse - se déroula sous cette forme jusqu'en 1989. A cette date, plus précisément au début avril, une équipe de juniors E était inscrite en championnat. Le premier match se termina par une victoire 2-0 face à Courtételle. Ayant grandi, les juniors E devinrent D en août 1991. Là également, le premier match se termina sur une victoire par 11-5 face à Moutier. Après dix ans de d'activité, Teddy décide de passer la main. Entre-temps, Claudy Keller l'avait secondé efficacement.
Teddy ayant accompli ce parcours avec pratiquement la même équipe, de l'école de foot aux juniors D, il fallait relancer cette activité. C'est donc Pierrot Guenat qui se mit à la tâche et prit la relève en 1992, remplacé ensuite à cette école de foot par Alain Sprunger. Quant à Patrick Schindelholz et Gérard Brosy, ils s'occupent quant à eux des juniors E. Pour sa part, après avoir passé la main à l'école de foot, Pierrot Guenat s'est occupé des juniors D. Il passera toutefois le flambeau prochainement, après sept saisons de dévouement.
Les responsables
Preuve de la bonne santé de la société, seulement quatre présidents ont été aux commandes jusqu'à ce jour: Marcel Odiet, Jean-Marie Guenat, Blaise Guenat, et actuellement Gabriel Nusbaumer.
Au secrétariat, ces dames ont été nombreuses à occuper le poste: Pierre-Alain Brosy, Micheline (Ackermann)-Odiet, Martine Odiet, Marie-Hélène Brosy, Stéphane Brosy, Joëlle Thomann, Anne-Marie Guenat, Jocelyne (Grossenbacher)-Chèvre, Claudine Fluri, Eric Paupe.
Quant aux caissiers, tout comme les présidents, ils n'ont été qu'au nombre de quatre: Léon Stadelmann, Josiane (Fleury)-Migy, Blaise Guenat et Eric Paupe, qui cumule la charge de secrétaire-caissier.
Ce texte sans prétention, appelé pompeusement historique, n'est en fait que la relation, tirée de mes souvenirs personnels, des débuts du FC Pleigne. Il y aurait eu encore beaucoup d'autres choses à raconter, des gens à remercier dont les noms n'apparaissent pas dans ce texte. Mais c'est bien connu, personne ne s'amusera à lire un trop long texte. Et l'activité plus proche, les acteurs actuels de la société la connaissent...
Marcel Odiet